img_0747Les applications et leurs API peuvent constituer le socle du système d’information d’une entreprise. Avec ce type d’architecture informatique, les directions du système d’information tendent à devenir des prestataires de services internet. Des changements qui modifient le rôle des SSII et créent des positions dominantes au bénéfice des fabricants d’applications. Cyril Elkaïm, ingénieur en infrastructure, nous a montré l’intérêt des applications et expliqué comment les sécuriser. Il nous présente quelques enjeux de l’apéification de l’entreprise.

Des entreprises qui n’utilisent que des applications

Comment tirer davantage parti des applis et de leurs API ? Imaginez une petite entreprise qui se sert de Facebook comme réseau social interne, crée un wiki pour sa documentation technique, choisit Trello pour la conduite de ses projets et pour vendre ses produits, opte pour la plateforme e-commerce Magento. Enfin, pour sa communication, elle n’a que l’embarras du choix : Instagram, LinkedIn, Twitter, WordPress, etc. Elle les sécurise, établit une partition entre pages privées et pages publiques, les personnalise et les combine grâce à leurs fonctions et leurs API. Toutes ces technologies sont hébergées sur un serveur dont elle garde le contrôle. C’est le niveau zéro du développement applicatif, et ça marche bien.

Le système d’information (SI) d’une telle entreprise présentera la même architecture technique que celle utilisée sur Internet. Le travail des informaticiens et de la direction du système d’information (DSI) sera de coordonner, de sécuriser et de faire dialoguer toutes ces applis. Ils disposent pour cela des codes fournis par les fabricants d’applications. Ils peuvent également créer des applications maison qui communiquent avec les applications publiques, par le biais des API.

Évidemment, pour une société plus grande ou plus ancienne, mettre en place une telle organisation relève du défi. Car elle possède déjà des applications qui se mêlent à d’autres technologies, comme des ERP, des logiciels, de multiples réseaux ; un patrimoine technologique ancien et qui fonctionne selon d’autres règles. Il existe une solution. La DSI peut gérer les données des applications sur un serveur de base de données. Au lieu de changer les applications déjà existantes, projet lourd et coûteux, elle ajoute des requêtes sur le serveur qui va réécrire/modifier les applications.

Les entreprises ont intérêt à s’y mettre car leurs employés sont férus d’applications. Il est courant qu’une équipe crée un groupe Facebook pour échanger des informations et communiquer sur l’avancement d’un projet ; au vu et au su de tous, dont les concurrents. Les DSI doivent désormais proposer des outils similaires. En effet, ce sont désormais les employés qui choisissent leurs outils informatiques, cette décision relève de moins en moins, de la direction générale, de la DSI, et dans une moindre mesure, des SSI, comme auparavant. Une tendance qui modifie le rôle de la DSI et des SSII.

La DSI devient un prestataire de service Internet

L’apéification de l’entreprise – le fait que son SI repose sur des API – facilite le travail de la DSI. Elle, qui a souvent du mal à répondre aux demandes des employés rapidement,  satisfait leurs besoins dans les temps, grâce aux applications. Ces applications et leurs API sont sécurisées, compatibles avec les autres technologies de l’entreprise et validées. La DSI devient prestataire de service de son entreprise et fournisseur de services Internet. Elle répond aux demandes des salariés et met en service les applications.

Quand elle n’en a ni les ressources, ni les capacités ou le temps, elle fait appel aux SSII qui développent et personnalisent les applications pour les DSI. Quant aux salariés, ils retrouvent les outils qu’ils utilisent sur Internet, qu’ils font développer et adapter par la DSI. Cette dernière, au courant des technologies de l’entreprise, peut lutter efficacement contre le Shadow IT.

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Les applications et leurs API poussent les DSI à revoir leur architecture informatique.

Contre l’hégémonie des fabricants d’applications

Certains fabricants d’application tiennent sur leur marché des positions dominantes ou de monopole, Google par exemple. Pour ne pas dépendre des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft), les DSI peuvent dupliquer les applications et leurs fonctionnalités. Elles n’utilisent pas Evernote ou Trello, mais un clone de ces applis, dans leur entreprise, et les proposent à leurs utilisateurs.

Une autre solution consiste à recourir aux logiciels libres. Framasoft propose ainsi une série d’applications qui rendent les mêmes services que Skype, Evernote, Google Agenda, etc. L’association a développé près de trente applications libres, comme Framalistes, Framanotes, Framatalk, Framagenda, etc. Les données restent sous le contrôle des DSI et ne serviront plus au ciblage publicitaire des géants de l’informatique.

Et vous, êtes-vous prêts à franchir le pas et à apéifier votre entreprise ?

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