DSC_9471Nombreuses sont les femmes à créer leur entreprise. Sylvie Schindler participe à cette tendance avec Bulles d’Emotion, un site spécialisé dans le champagne et le luxe. Après nous avoir expliqué comment elle avait disrupté le crowdfunding, elle revient ici sur la création de son entreprise. Résultat de nos échanges.

Vivre sa passion : moteur de la création d’entreprise

Qu’est-ce qui pousse des femmes à créer leur entreprise ? Pour Sylvie Schindler, une passion, la passion pour le champagne et l’œnologie, une passion qu’elle a décidé de vivre et de transmettre. Une passion que reflète son site Bulles d’Emotion dédié aux champagnes d’exception déclinés en coffret luxe et en atelier dégustation.

Cet élan créateur lui a permis de s’affranchir d’une réalité professionnelle à laquelle les femmes sont souvent confrontées : l’infrangible plafond de verre. Malgré une brillante carrière – elle a occupé des postes de direction – elle s’est heurtée aux limites des organisations actuelles et donc de sa propre évolution professionnelle. Alors, elle a fait le grand saut.

Elle a créé son entreprise avec détermination et enthousiasme. Rien d’étonnant pour cette femme décidée et rompue à la conduite de programmes ambitieux. Son envie de mener de grands projets de transformation, de lancer de nouvelles activités, d’innover reste vive. Elle peut s’appuyer sur ses compétences et capitaliser sur son expérience professionnelle avec désormais une totale autonomie et un pouvoir de décision absolu.

Construire un réseau : un atout pour la création d’entreprise

Le réseau est un élément clé de la création d’entreprise. Sylvie a construit le sien avec des partenaires et des experts du champagne et du luxe. Elle a su les trouver et les associer à son projet en vue d’en réussir le lancement.

Car c’est un avantage de la création d’entreprise : Sylvie Schindler travaille avec des personnes avec qui elle a envie de travailler et qui ont envie de travailler avec elle. C’est un échange, un partenariat gagnant-gagnant. Il ne se décrète pas. C’est un choix. Il contribue à l’épanouissement personnel, à l’énergie et à l’enthousiasme qu’elle met dans cette création et qui en fait un moment singulier.

Je le considère comme une nouvelle vie, une formidable voie d’expression. Je ne regrette pas de ne pas l’avoir fait avant, car ce n’était peut-être pas le moment, ça demande de l’expérience et peut-être d’avoir traversé certaines étapes. Mais c’est aujourd’hui un aboutissement, un véritable plaisir de chaque instant.

Sylvie Schindler

Communiquer efficacement grâce au crowdfunding

Elle a rencontré et convaincu ses premiers clients, ses premiers prescripteurs, les premiers adhérents à son projet au cours de présentations et de réunions. Mais ce fut la campagne de financement participatif sur la plateforme KissKissBankBank qui s’avérera le moyen de communication le plus efficace et canalisera toutes les énergies.

Sur la plateforme KissKissBankBank, Sylvie a structuré son offre. Elle a aussi contacté de manière directe et indirecte un vaste réseau :

  • Cercle 1 : famille et proches ;
  • Cercle 2 :
    • passionnés de champagne et d’œnologie ;
    • amateurs d’objets artisanaux de luxe (bijoux, foulards…) ;
    • créateurs d’entreprises ;
    • kissbankers ;
    • start-ups ;
    • fintechs : Bulles d’Emotions est la première box connectée. Un FlashCode permet à chaque coffret d’être relié au monde digital.

Créer un écosystème bienveillant

C’est à cette occasion qu’elle a trouvé le soutien d’un campaign manager et d’un mécène qui l’accompagnent désormais dans son projet.

Autre atout, ses partenaires, des vignerons et des créateurs qui répondent à un cahier des charges exigeant. Ils doivent être indépendants, dotés d’un savoir-faire reconnu et fournir des produits d’excellente qualité répondant à des critères objectifs précis.

Elle peut compter également sur les réseaux d’aide à la création d’entreprise, aujourd’hui nombreux et indispensables. Ils accompagnent et conseillent les jeunes entrepreneurs : couveuses, incubateurs, CCI, associations comme ActionElles.

Ces réseaux l’ont aidée à structurer son offre, à élaborer son plan de financement, à entrer en contact avec des experts pour les aspects administratifs et réglementaires. Ces structures offrent également la possibilité de rencontrer d’autres entrepreneurs, c’est un environnement dynamique dans lequel les énergies se transmettent et se développent.

Progressivement, s’est constitué un écosystème bienveillant, propice, stimulant intellectuellement. Fournisseurs, clients, partenaires s’apparentent aux fonctions supports d’une société sans toutefois les contraintes limitatives : ils peuvent s’égrener à l’infini enrichissant ainsi le dispositif.

Adopter les méthodes des start-ups

Cet environnement favorise les échanges avec ses clients et la rapproche de ses partenaires. Dès lors, tester un produit puis recueillir les impressions et les critiques se fait aisément et rapidement. Du test and learn en somme ? Oui.

Par exemple, après des tests, Sylvie Schindler a revu son modèle d’affaires en quelques jours. Dans un premier temps, elle destinait ses produits aux entreprises. Mais pour des contraintes de production, elle a dû reconsidérer ses objectifs BtoB (business to business). Il faut savoir transformer une contrainte en opportunité : elle a décidé de s’orienter vers du BtoC (business to customer). Elle répondait ainsi à des demandes de particuliers qui avaient plébiscité ses produits et l’avaient incitée à développer une nouvelle offre. Elle a alors rapidement trouvé son marché. Un start-uper lui dirait qu’elle a pivoté.

Sylvie Schindler s’inspire des méthodes de type Lean Start-Up et, experte en Lean Management, elle sait mieux que quiconque que « feedback is the gift ». Ces méthodes se fondent sur l’agilité qui procure rapidité de changement, circuit court de décision, réactivité. Elle apprécie ce fonctionnement, encore trop peu présent dans les grands groupes.

Ne pas occulter les contraintes

Cependant, Sylvie Schindler entreprend sous des contraintes de temps et de budget ce qui oblige à trouver des solutions, être plus créative et très à l’écoute. Elle a ainsi développé elle-même son site internet afin de valider et faire évoluer directement le parcours client, de tester les différentes fonctionnalités et de les modifier le cas échéant en temps réel. Elle en a aussi mesuré la difficulté.

En effet un entrepreneur est bien souvent seul et ne peut s’appuyer que sur la bienveillance et la solidarité qu’il aura su créer autour de lui. Cela l’a amenée à être plus présente au sein d’administration et à solliciter le soutien d’associations. Dans les grandes entreprises, ces préoccupations sont souvent gérées par des tiers, des parties prenantes : une fois les financements validés, chaque entité prend en charge une partie du programme.

Par ailleurs, le rythme de travail n’est pas celui d’un salarié. Un entrepreneur est sur le pont 7 jours sur 7, qu’il le veuille ou non. Constamment, il est en veille, en quête de nouveaux partenariats, en demande de rendez-vous. Ce n’est pas une difficulté mais un rythme radicalement différent qu’il s’agit d’intégrer. Le risque serait bien entendu de se laisser embarquer par un rythme effréné. Aussi, Sylvie s’oblige à faire des pauses et à préserver sa vie personnelle. C’est pour elle un point de vigilance.

Vous aussi, vous êtes tenté par créer votre entreprise ? Voici quelques conseils :

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